Qui a-t-il de si bénéfique dans une consommation à outrance pour rassasier un esprit démotivé? Il me semble qu'un haut taux de gens souffrent de dépression ou en souffrirons au cours de leur vie. La source principale de la dépression moderne est fort probablement une déception généralisée. Déception de la vie, déception d'un monde irréel construit autour d'une idée fausse, déception sur le sens de soi. Cela a un lien direct avec notre tendance à surconsommer.

Pour guérir un mal, souvent, la solution utilisée est en lien avec la consommation; se rendre au centre commercial où d'autres semblent heureux, se laisser tenter par le marketing et se procurer un ou des biens afin d'apaiser instantanément notre souffrance. Si les déceptions sont parfois mineures et faciles à discerner, elles s'accumulent dans un vide intérieur, où frustration fermente et compile les besoins réels non-comblés. Le genre de besoins que l'achat de matériel ne règle pas. Un besoin fondamental qui repose plutôt sur l'intangible.

Tout le monde sera déçu un moment ou un autre dans sa vie. On parle ici d'une déception refoulée et à long terme.

Est-ce que se sortir d'une culture de consommation permetterait d'éviter la déception ?

Probablement pas. Or, le consumérisme sous-tend de facto la déception. L'achat de biens apporte un bonheur instantané, non pas par la possession, mais par le processus d'achat, l'expérience (marketing). Après cette courte phase d'euphorie, la monotonie revient rapidement et on se délaisse de l'objet physique pour retomber dans un esprit "rêveur" auquel est rattaché un objet physique renouvelé, amélioré, inaccessible dans le très court terme. Notre esprit de pourvoyeur s'encenche et nous amène à créer un désir intense de possession d'un mieux.

C'est un cercle sans fin auquel nous n'avons pas réellement d'obligation. Une seule prise de décision/conscience pour renverser la vapeur et nous sortir d'un consumérisme infini et nous apporter une vie significative à laquelle la déception n'est pas une caractéristique intrinsèque.

Référence : New Internationalist - The demoralized mind