Nous avons sans doute quelques points en commun, mais ma mère et moi avons une importante différence. Née dans les années 1950, soit tout juste après la Deuxième Guerre mondiale, la culture de l'époque était sans aucun doute à des années lumières de ce que l'on connaît aujourd'hui.

Et cela s'est reflété dernièrement. Je lui ai appris que l'un des cadeaux que j'avais reçu de sa part n'était plus en ma possession. En effet, dans mon grand decluttering qui dure depuis 2 ans maintenant (!), j'avais rapidement décidé de donner à une connaissance proche un sac-valise dont je ne voyais pas l'utilité étant donné que je voyage très léger et je déteste conserver un objet sans raison.

Ainsi, en lui apprennant que ce sac-valise avait été donné, la réaction a été très négative, au point de me souligner le fait que normalement, dans les valeurs de famille, on demande à celui qui a offert le cadeau avant de s'en débarrasser. Je dois dire que je n'avais jamais réalisé ce genre de comportement avant. Cela explique le transfert de plusieurs meubles et autres objets entre certaines personnes de la famille. Dans leur vision des choses, chaque objet acquis a une valeur différente d'un article identique au magasin étant donné qu'il peut servir à d'autres membres de la famille à long terme.

Pour moi, un objet, peu importe soit-il, doit être utilisable et utilisé. Sans raison d'être, l'objet en question est une meilleure allocation de ressources lorsqu'il est donné ou vendu à quelqu'un d'autre qui en voit un usage qui lui est bénéfique. Mais cela n'avait pas été bien perçu par ma mère qui devait sans aucun doute m'en vouloir de donner les cadeaux que j'avais reçu auparavant.

Au même moment, j'ai tombé sur un texte de Leo Babauta qui mentionnait :

Gifts. Often we keep these for the same reason as photos and mementos — they remind us of loved ones who gave us the gifts. Deal with those in the same way as photos and mementos above. But often we hold on to gifts because of a sense of obligation, as if we owed it to our loved ones to hold on to every gift they have given us. No! Gifts aren’t an obligation, a burden to carry for the rest of your life. They are a gesture of love, one that is received as soon as the gift is given, but the love isn’t in the gift itself. And the love certainly isn’t in the sense of burden and obligation. Instead, snap a photo of the gift, and give it to someone who will actually use and treasure it.

Après avoir fait part de cet extrait à ma mère, elle saisissait dorénavant ma vision bien différente de la sienne. Sans tout-de-fois altérer sa vision, elle accepta mon choix de me départir du fameux sac-valise sans la consulter en y voyant un acte positif plutôt que négatif.

Parfois, quelques mots suffisent pour corriger une situation problématique.

Souvenir lié à cet événement

Cette situation me rappelle le jour où, à Noël, j'avais compris que les cadeaux n'apportaient pas de réel bonheur en moi. Agé de probablement 10 ans, je me souviens très bien avoir déballé une chaîne stéréo dotée d'un lecteur de disque compact. À ce moment, je n'avais eu aucun sourire, aucune joie. Me retournant vers mes parents et leur disant devant tous les autres convives que je souhaitais le retourner au magasin, ils étaient stupéfaits. On me demanda si la couleur ou si le modèle ne convenait pas, en me rappelant le fait qu'on pouvait l'échanger contre n'importe quoi d'autre. Mais mon choix est resté le même de ne pas vouloir de cadeau.

Depuis ce temps, chaque fois que j'ai reçu un cadeau, la chaîne stéréo me revient à l'esprit et je devais être certain en faire bon usage du bien reçu. Plus que jamais, ce que je possède doit avoir un usage ultime maximal et doit me satisfaire à atteindre un but précis. Que ce soit une spork ou un matelas, chaque chose qui m'entoure fut l'objet d'une réflexion prolongée, ce qui m'assure d'en bénéficier pleinement.