Né au sein d'une banlieue de Montréal et ayant vécu une majeure partie de sa vie hors des centres urbains, j'ai effectué un virage à 180 degrées depuis près de deux ans. Mais comment expliquer ce changement de mentalité et de vision? Est-ce seulement la découverte du minimalistme qui a ouvert autant de portes?

En fait, je réalise que le style de vie proposé à une majorité de la population ne fait aucun sens. Comment expliquer de s'exiler en banlieue et devenir prisonnier de l'automobile tout en exigeant d'avoir autant sinon plus de services qu'une ville plus dense? La densité moyenne et élevée que propose une ville comme Montréal ou Vancouver permet le développement de solutions de transport en commun et permet à ses résidents d'éviter d'utiliser la voiture pour des déplacements quotidiens et même de posséder une telle voiture.

Ce qui est le plus dramatique dans le cas des banlieues, c'est la demande induite pour la propagation de l'emprise de la voiture personnelle. La création d'un triangle des trois points d'intérêt d'un individu (travail, résidence, loisirs) pour lequel les lignes entres ces points sont comblés par l'ultime existence de la voiture crée une si forte dépendance que cela se compare à une drogue. Incapable de s'en passer, incapable d'imaginer une vie différente, la plupart des citoyens en sont prisonnier, addict et amoureux de ce mode de vie.

Les impacts sociaux, environnementaux et d'aménagement du territoire sont tels qu'il est difficile d'imaginer une autre vie sans la voiture qui domine littéralement la vie humaine. Si la demande pour les transports individuels fléchie, alors la demande de densification augmentera et vice versa.