Voici un texte écrit en mai 2008 pour un cours collégiale de philosophie. Est-il toujours d'actualité?

Depuis le début de l’histoire, l’art est un courant expressif ayant été représenté sous de nombreuses formes dans diverses sociétés. D’ailleurs, la structure des sociétés influence depuis toujours l’évolution de l’art. En effet, la mentalité du peuple, les conditions de vie de ces derniers et de nombreux facteurs géopolitiques peuvent par exemple influencer le type d’expression qui sera dégagé d’une œuvre d’art quelconque. L’art représente généralement la liberté d’expression à divers niveaux, que ce soit émotif ou social. L’art est utilisé comme un outil pour exprimer une pensée, faisant référence à la liberté d’expression, généralement considéré comme la liberté fondamentale de l’être humain. À ce propos, beaucoup de gens tel que John Rawls affirment que les hommes sont libres et égaux à l’état naturel. Or, la censure, action de limiter cette liberté, étale son pouvoir de plus en plus dans divers domaines de l’art. Aujourd’hui, il est possible de se demander si l’artiste doit être au-delà de toute censure. Pour ma part, je crois que oui, le rôle de l’artiste ne doit pas être limité.

D’abord, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme stipule ceci : « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »

Datant de 1948, cette déclaration ne stipule aucune restriction liée à la liberté d’expression. Ainsi, aucune contrainte politique ne peut empêcher un artiste de créer ce qu’il désire afin d’illustrer une position sur un sujet particulier. L’art ne devrait pas être simplement vu comme une pratique esthétique sans but, mais plutôt comme un élément où chacun peut interpréter à sa façon celle-ci. Autrement, si aucun type d’art n’est reconnu mondialement, alors comment serait-il possible, dans un monde de globalisation, de censurer une œuvre par principe d’acceptation ou non ? Est-il acceptable de censurer l’information selon le pays, la religion ou bien le sexe d’un individu ? Une censure formera une lésion entre les divers peuples existant, une lésion éducative, culturelle et sociale. En fait, cette censure existe, tout comme la lésion. C’est le cas notamment en Chine, où le gouvernement réagit à la moindre menace par la censure. De type populaire (marxiste-léniniste), cela s’inclut bien dans la pensée de John Rawls qui croit qu’un gouvernement libéral ne doit pas intervenir dans la sphère publique, tout le contraire d’un gouvernement communiste. Ce dernier n’est pas neutre et agit en fonction des décisions de personnes d’importances dans l’organisation politique du pays. En Chine, tous les médias diffusant de l’art est contrôlés : télévision, Internet, journal, cinéma, radio, etc.

Malgré les côtés négatifs de l’expression esthétique, les interrogations mènent à l’ouverture nombreux débats. Ces derniers permettront une interaction sociale forte afin de diffuser de l’information que peut-être aucun autre n’a eue la volonté ou tout simplement le courage d’exprimer publiquement. En plus de favoriser une bonne communication, l’œuvre permet au spectateur d’adopter une attitude de compréhension envers celle-ci qui peut différer de sa pensée. Il tente de créer des liens et d’imaginer la pensée de l’auteur; cela fait donc référence à la théorie de sollicitude de David Hume et du concept de l’engagement actif.

Tel que l’affirme Rawls, il demeure indispensable pour tous de valoriser le projet de vie de chacun dans le but d’offrir la chance à tous de se réaliser au plan personnel (bien-être personnel). En continuité avec cette voie de respect envers autrui, Taylor affirme qu’il est important de respecter les buts et objectifs idéalisés par une personne puisque ce sont ces éléments qui, graduellement, détermineront son identité et qui donneront un sens à sa vie. Inévitablement, le rôle de l'artiste et ses œuvres susciteront des répercussions positives ou bien négatives, et ce, au niveau social. Ainsi, chacun peut obtenir une perception unique de ce qu’il lit, écoute, regarde ou observe. À l’aide d’un questionnement, le spectateur devrait réfléchir de façon impartiale et universelle, comme le veut le concept de voile d’ignorance de John Rawls. Si chacun adoptait un tel comportement, le relativisme serait par le fait même absent et chacun pourrait comprendre la signification des messages ainsi que l’opinion que ce dernier souhaitait exprimer. La différence entre la vision du spectateur et de l’artiste peut être très important, et ce, dépendamment de divers facteurs d’autant plus que personne ne possède la même mentalité, un état psychologique qui varie en fonction de nombreux éléments tels que la culture, l’éducation ou simplement les valeurs privilégiées. L’importance de vérifier nos perceptions auprès de plus d’une source est primordiale étant donné que ces dernières sont souvent trompeuses. Pour un résultat efficace, il faut tenir compte des éléments nommés ci haut et demeurer neutre, donc empathique.

Finalement, l’artiste détient un rôle d’une grande importance et naturellement indispensable à toute société moderne afin de créer divers objets de réflexions, voir même des changements positifs. Plusieurs situations font directement référence à ce vaste sujet. On retrouve par exemple l’humoriste Dieudonné ayant été sanctionné pour propos antisémites envers la communauté juive ou bien le groupe musical américain Rage Against the Machine qui fut de nombreuses fois forcées à suspendre des représentations pour cause de propagande envers le communisme et d’anarchie. Par la sorte, je suis donc contre tout type de censure en ce qui concerne ce que l’artiste affirme être son œuvre, d’autant plus que la définition exacte de ce qui devrait ou ne devrait pas être considéré comme étant une œuvre d’art demeure encore un sujet à démystifier. Ainsi, dans la plupart des cas, Taylor prétend que les valeurs que tendent à véhiculer les artistes visent, selon leur jugement personnel, le bien, et ce, que ce dernier soit individuel ou social. Aucune limitation ne devrait être imposé à l’art, c’est à chacun de forger sa pensée. De toutes évidences, l’art doit continuer d’être l’objet d’innovations multiples en lien avec la liberté d’expression personnelle. Celle-ci doit traverser les années et les siècles afin de refléter leur époque dans un temps futur, comme l’ont fait les hiéroglyphes égyptiens ou les créations incas. Or, comme expliqué ci haut, les effets de la mondialisation ne sont pas bénéfiques et il sera primordial de contrôler la censure afin de ne pas la généraliser. Cela ferait tomber les progrès sociaux en retournant au temps de la supériorité religieuse où la majorité «ne sait pas qu’elle ne sait pas», comme l’a déjà dit Confucius, personnage historique de la Chine...