Ayant reçu plus d'un livre durant le temps des fêtes, celui qui attire le plus mon attention est sans doute Les limites à la croissance, version française de Limits to Growth: The 30-Year Update des auteurs Donella Meadows, Jorgen Randers et Dennis Meadows.

Intéressant parce que malgré son âge, écrit il y a 40 ans, il reste d'actualité, avec ses propos sur le fait principal que les sociétés visent une croissance infinie dans un monde fini. Publié par Ecosociété, le livre se trouve sur Amazon pour une trentaine de dollars, un excellent investissement de lecture.

Quel est ce livre ?

En 1972, quatre jeunes scientifiques du MIT rédigent à la demande du Club de Rome un rapport intitulé The Limits to Growth. Celui-ci va choquer le monde et demeure aujourd’hui l’une des plus puissantes critiques du consensus sur la sacro-sainte croissance. Devenu rapidement best-seller international, il est traduit sous le titre Halte à la croissance ? Rapport sur les limites à la croissance. Sa parution est reconnue comme l’un des moments clé dans de l’histoire du mouvement écologiste. En 1972, l’idée de croissance est indiscutable, le choc pétrolier n’a pas encore eu lieu et plusieurs doutaient à l’époque des conclusions du rapport Meadows – du nom de ses auteurs principaux –. Mais le temps a su leur donner raison. En 2004, lorsque les auteurEs enrichissent leur recherche de données accumulées durant trois décennies d’expansion sans limites, l’impact destructeur des activités humaines sur les processus naturels les conforte définitivement dans leur raisonnement. En simulant les interactions entre croissance démographique, croissance industrielle, production alimentaire et limite des écosystèmes, ces chercheurs élaborent différentes trajectoires possibles pour notre civilisation. Et ils sont convaincus que le pire scénario de l’effondrement se joue actuellement devant nos yeux. Car si en 1972, « comment éviter d’excéder les limites de la planète ? », l’enjeu est désormais : « comment faire pour revenir à l’intérieur de ces limites ? ». C’est fini, la croissance économique va fatalement s’arrêter, elle s’est déjà arrêtée d’ailleurs. Tant que nous poursuivrons un objectif de croissance économique « perpétuelle », nous pouvons être aussi optimistes que nous le voulons sur le stock initial de ressources et la vitesse du progrès technique, le système finira par s’effondrer sur lui-même au cours du XXIe siècle. Par effondrement, il faut entendre une chute combinée et rapide de la population, des ressources, et de la production alimentaire et industrielle par tête. Nous sommes dans une période de stagnation et nous ne reviendrons jamais aux heures de gloire de la croissance. (Dennis Meadows, en entrevue au journal Libération)