Je ne suis pas contre la technologie en tant que telle, même si je crois que nous y accordons une trop grande importance dans son rôle présumé dans la sauvegarde de l'environnement. Avec quelques exemples, on peut démontrer facilement que la technologie est au service de la consommation en non pas au service de la préservation de nos écosystèmes.

Une voiture électrique est encore une voiture

Malgré toutes les bonnes volontés de Elon Musk et la bouillonnante industrie de l'électrification des transports, un transport, qu'il soit électrique ou à combustion, reste un transport qu'il faut reconsidérer dans son entièreté. Une voiture à combustion actuelle qui se voit retirée de la circulation pour placer ses occupants dans les autres solutions de transport durable reste encore et toujours mieux que de la remplacer par une nouvelle voiture électrique.

Je l'ai toujours dit : nous ne sommes pas dépendant du pétrole, nous sommes dépendant de la voiture.

Changer de voiture n'est pas compliqué. S'en passer l'est pas mal davantage. C'est la raison pourquoi la voiture électrique se développe et attire l'attention. Au lieu de changer ses habitudes, on continue dans la même bonne vieille dépendance : construire sa vie autour de la possession d'une voiture.

Un téléphone intelligent qui consomme comme deux réfrigérateurs

L'informatique a été révolutionné souvent depuis les années 1980. La plus récente est sans aucun doute l'avènement du téléphone intelligent qui permet d'être hyper-connecté sans arrêt. Cela permet à pratiquement tout d'aller plus vite et d'être optimisé. Or, l'optimisation réfère souvent à une augmentation de l'activité globale plutôt qu'à une compression des mêmes activités sur une plus petite période de temps.

Pour gérer tout ce bouillonnement, le nuage informatique (cloud) est un puissant allié du téléphone intelligent qui requiert énormément d'énergie pour fonctionner. «Si le fameux «nuage» informatique était un pays, il serait arrivé au 4e rang mondial, après le Japon, pour la consommation d'électricité.»

Références : LaCroix et La Presse

Écoénergétique ne veut pas dire réduction de l'utilisation

David Owen dans son livre Green Metropolis parle du paradoxe de Jevons qui réfère exactement à cet exemple. Ce paradoxe mentionne que lorsque la technologie permet de réduire l'utilisation d'énergie par unité consommé (par exemple le nombre de litres au 100 kilomètres parcourus pour une automobile), l'utilisation d'énergie totale de la planète augmente. Comme la réduction de coûts permet de développer de nouveau marché (pays en voie de développement), mais permet aussi de renforcer des marchés déjà établis (éloigner la maison du travail pour les pays développés par exemple).

Cela s'applique pour à peu près tous les domaines. La technologie démocratise l'utilisation accrue d'énergie sur la planète. Le négawatt, une unité de puissance qui quantifie une puissance « en moins » (c'est-à-dire la puissance économisée par un changement de technologie ou de comportement) a justement été imaginé pour tenter de contrer ce "phénomène" et d'informer les populations sur les dangers d'augmentation de la consommation d'énergie.

La prochaine fois que vous verrez donc un étiquette ventant les vertues écoénergétiques d'un produit, posez-vous la question si cela vous fera l'utiliser davantage au lieu de considérer de réelles alternatives plus sobres. Quelques exemples de remplacement de biens technologiques vers des biens low-tech.

  • Une machine a café peut être remplacée par un Aeropress;
  • Une voiture personnelle peut être remplacée par un autopartage, un vélo ou le transport en commun;
  • L'utilisation d'une télévision peut être remplacée par une activité extérieure;
  • La construction d'un bien haut-de-gamme comme un vélo en carbone peut être remplacée par une technologie moins récente (utilisation d'aluminium) et moins énergivore;
  • etc.

Ampoules fluocompactes

Elles sont présentes depuis plus de 10 ans dans les commerces, les ampoules fluocompates ne sont toujours pas synonyme de consommation sensées par le contenu toxique de celles-ci. Beaucoups de gouvernements ont banni les ampoules incandescentes pour leur trop forte consommation, or le réel remplaçant de ces ampoules classiques se trouvent plutôt du côté des DEL (Diode électroluminescente), mais le marché a profité de l'occasion pour gonfler les prix de ces dernières. Une simple ampoule coûtait moins d'un dollar alors que cette nouvelle technologie est vendu souvent au-delà de 5$ l'unité, parfois 10$.

Bien que les prix tendent à diminuer avec la concurrence, le simple fait que le marché à transitionner de l'ampoule incandescente vers la fluocompate avant de faire un bon en avant avec la DEL (une technologie des années 1970 utilisée largement dans l'électronique) permet de constater que l'intérêt économique passait avant l'intérêt de l'environnement. La plupart des ampoules fluocompactes vendues à grands coûts aux consommateurs ont été jetées et remplacées par des DEL après quelques années seulement, alors que les fluocompactes étaient encore pleinement fonctionnelles.

Référence : Éclairage - Wikipedia

En bref...

Quelque soit la technologie, il faut retourner à la base et se souvenir que trop souvent, on mélange technologie et marketing. Afin de mieux faire passer un changement, la mise en marché d'un produit est altéré par des publicistes afin de faire consommer davantage que le niveau normal.