À partir d'aujoud'hui, CRTC impose aux distributeurs télévisuels de rendre disponible un forfait économique pour tous les citoyens du Canada. Mais est-ce que le résultat est vraiment celui escompté?

Je suis d'avis que c'est un échec immédiat et voici pourquoi.

  1. Les fournisseurs sont forcés de limiter leur tarif du forfait à 25$... mais n'empêche aucun de ceux-ci à ne pas ajouter de frais connexes (frais de location du terminal par exemple) qui peuvent faire grimper la facture jusqu'à 40$ dans le cas de Bell.
  2. Les distributeurs peuvent choisir les postes à inclure dans le forfait... sans égard à l'aspect linguistique de la région désservie. Bell (encore lui) offre RDI en Ontario dans le forfait, mais ne l'offre pas au Québec.
  3. Le coût pour ajouter des chaînes à ces forfaits de base est tout simplement illogique. RDS à la carte se détaille 10$/mois chez Bell...
  4. Cela poussera les chaînes généralistes à pousser le contenu de qualité vers leurs chaînes spécialisées.
  5. Les distributeurs offrent souvent des rabais aux consommateurs lorsqu'ils regroupent leurs services sous un même fournisseur (télévision, téléphone fixe, mobile, internet) et le prix du forfait télé est parfois au même niveau que celui proposé par le CRTC, sinon moindre.

À terme, ce genre d'initiative poussera que plus rapidement les consommateurs vers des solutions alternatives comme Netflix ou autes.

Cela me rappelle la décision du CRTC de limiter les contrats de téléphone mobile à 2 ans d'engagement. Le trio Rogers, Bell et Telus s'est retourné rapidement en inventant encore de multiples techniques de vente pour compenser ("balance sans engagement", par exemple). Et le prix des forfaits a grimpé au lieu de diminuer... À force de tout vouloir contrôler, on subit l'effet inverse.

Mais saviez-vous que la plupart des postes inclut dans le forfait de base se retrouvent dans les airs? Munissez-vous d'une antenne HD et profitez d'une dizaine de postes gratuitement. Certaines entreprises peuvent l'installer chez vous à l'extérieur pour moins de 300$ pour obtenir le signal le plus fort.

Référence : La Presse