Depuis près de 30 années, je navigue à travers des courants qui m’alimentent, qui m’influencent. Les navires de guerre que sont les standards sociaux de la société moderne me tourmentent de par leurs omniprésences vaguement remises en question. Ayant grandi près de milieux relativement mono-ethniques, le simple fait de cotoyer quelques instants une communauté hassidique ou encore musulmane nous renvoi à un sentiment très barbare de refus d’acceptance de l’autre, différent de soi, sans vouloir à tout prix définir le bon du mal.

Pendant toutes ces années de manque de connaissances de l’autre, j’ai développé une forme d’acceptance qui se définit par la non-opinion. En fait, à défaut de juger d’avoir pris le temps de m’informer correctement sur un sujet comme les diverses communautés et modes de pensées qui existent, je n’exprime pas d’opinion, n’en génère pas non plus. Je trouve que les gens ont trop souvent une opinion sur tout ce qui bouge, sans avoir vraiment réfléchi avant de l’exprimer, laissant aux influenceurs le champ libre pour modeler la pensée des gens trop pressés pour penser par eux-mêmes.

L’opinion est donc lié intimement au temps. Et comme j’ai été instruit tôt que le temps ne respecte pas ce que l’on fait sans lui, l’utiliser pour mieux réfléchir ne va que de soit.

Ainsi, depuis deux ans, les changements majeurs que j’ai apportés (et que je continue d’apporter) à ma vie me permettent d’avoir davantage de temps pour moi et pour arrêter de me laisser influencer à temps plein et de plutôt me convertir à un mode de vie en retrait de ce que je considère maintenant la pensée unique.

Opinion et temps : les deux vont de pair ou vont se taire.