Depuis plusieurs années déjà, les Chromebook font parti du paysage informatique. Ces petites bêtes, que certains qualifient de navigateur glorifié et castré, sont très populaires, notamment dans les lieux d'apprentissage. Pourtant, une bonne partie de la population les boudent parce que considérés trop limités.

En fait, il faut bien définir ses besoins informatiques avant de choisir un Chromebook, c'est bien vrai. Si le but est de jouer à des jeux qui exigent une installation, si le but est d'avoir plein contrôle sur ce que l'on peut faire, si le but est d'installer n'importe quoi, alors non, un Chromebook n'est pas une bonne idée.

Beaucoup surestiment leurs besoins et c'est pourquoi ce genre d'ordinateur portable est souvent délaissé. "Il n'y a pas la suite Office" ou encore "C'est trop limité" sont le genre d'excuses entendus.

Or, dans mon cas, un Chromebook rempli sa fonction avec brio depuis une semaine. Je suis en mesure de programmer des sites web en PHP, faire de la retouche photo légère, utiliser un client FTP en ligne pour transférer les fichiers, ouvrir plusieurs onglets en même temps, rédiger des notes, etc. Je n'ai jamais ressenti le moindre ralentissement. Il faut dire que le démarrage en quelques secondes et la sortie de veille instantanée est impressionnante, moi qui est habitué à un OS X/macOS, de moins en moins réactif et trop surchargé par de multiples fonctions.

Mon choix s'est arrêté sur un ASUS C201 :

  • Processeur Rockchip Quad-Core RK3288C
  • Mémoire vive DDR3 de 2 Go
  • Écran de 11.6" (1366x768)
  • Processeur graphique Rockchip Mali T764
  • eMMC de 16 Go (espace disque)
  • Lecteur microSDHC
  • WiFi a/b/g/n/ac + Bluetooth
  • 1 port microHDMI
  • Autonomie de pile de 13h
  • Poids total de 0.98 Kg

ASUS C201

Avec une telle fiche descriptive et un prix de détail de 190$ CA, difficile de résister à l'ajouter comme portable de tous les jours, facile à transporter (2.2 lbs!) au lieu d'un MacBook Pro de 2012 de plus de 5 lbs.

Mon objectif ultime est de le transporter en tout temps et de le sortir pour la prise de note afin d'écrire davantage tout ce qui me passe par la tête. Un smartphone tactile n'est pas adéquat pour la rédaction de long texte.

Le MacBook fait toutefois encore parti de mon équipement parce que je n'ai pas encore fait le saut au complet sur les services de Google : presque tout ce que j'ai est en lien avec iCloud. De plus, je n'ai pas encore cherché de solution pour le téléchargement de torrents, le maintient d'une librairie de musique de 40 Go et la mise-à-jour d'un Kobo sur le Chromebook.

Il y a cependant quelques points faibles à ce Asus C201 :

  • L'écran est correct, sans plus. Le rendu des couleurs est ordinaire, mais adéquat dans un usage normal.
  • La fiabilité reste à confirmer.
  • La caméra vidéo intégré n'est pas de haute qualité (mais est-ce vraiment important?)
  • Il n'y a pas de rétroéclairage sous le clavier (mais est-ce vraiment important?)

Quelques points supplémentaires :

  • Il est possible, tout comme macOS, d'inverser le défilement du touchpad pour avoir un sens naturel de défilement.
  • Google Play Music permet de synchroniser la librairie d'un autre ordinateur sur leurs serveurs et d'ainsi avoir sa librairie en streaming n'importe où.
  • Google offre 100 Go d'espace disque sur Google Drive gratuitement pendant 2 ans (valeur de 70$)
  • Google offre également 3 mois d'abonnement à Play Music (valeur de 30$)

Pourquoi avoir choisi un modèle 2 Go alors que le 4 Go existe? D'abord par curiosité. Parce que 2 Go paraît inutilisable en 2015. Mais ChromeOS est très frugal. Ensuite parce que cela me forcera à rester mono-tâche et à éviter les distractions. Et finalement parce que le modèle 4 Go n'était pas en réduction, alors il y avait tout de même 70$ entre les deux modèles (260$ au lieu de 190$) Pour l'instant, je dois dire que le 2 Go ne me limite en rien, je ne ressens aucun ralentissement en cours d'utilisation. Je considère que le ASUS est bien plus réactif et agréable à utiliser que mon MacBook Pro avec 16 Go de mémoire vive.

Le côté financier joue pour beaucoup Alors qu'une machine bien trop puissante pour moi, le MacBook Air, se détail à partir de 1200$, la majorité des Chromebook se détaille pour le quart de ce prix (alors que celui choisi est 1/6 du prix...). Certains diront que la qualité n'est pas au rendez-vous, mais vous seriez surpris de la qualité de fabrication du C201. Certes il n'est pas en aluminium, mais il semble bien construit.

Avec iCloud, je débourse déjà un maigre 1.29$ par mois pour augmenter la capacité disque de 5 Go à 50 Go afin d'entreposer mes fichiers et y accéder partout.

Avec Google Drive, j'avais déjà 17 Go d'espace disque et l'achat de ce Chromebook l'a augmenté à 117 Go pour absolument 0$. Bien que le coût mensuel soit normalement de 2.49$ pour 100 Go, je n'aurais sans doute pas besoin d'autant de stockage d'ici 2 ans.

Sur une note finale Je réalise que la vision de l'informatique est bien différente entre Apple et Google. Alors que le premier surfe sur une vague ultra-élitiste et mode que me fait de plus en plus penser à des sacoches Louis Vutton (où tout est dans le prix...), Google propose une solution tout aussi intégré, avec un rapport qualité-prix difficile à battre. Ce dernier développe des ordinateurs en son nom, mais permet aussi à d'autres fabricants (comme ASUS) d'en proposer. La variété de produits est donc plus large et davantage de gens peuvent trouver chaussure à leur pied. Un Chromebook se veut une révélation parce que la simplicité d'usage est intéressante d'une part, mais aussi parce que je ne me sens pas à moitié arnaqué par une compagnie qui surfe sur une vague qui commence sérieusement à faiblir...