En s'informant quotidiennement en tant que bon citoyen, on tombe inévitablement sur des articles ou reportages sur les problèmes environnementaux, les enjeux de changements climatiques et tout ce qui les entoure (développer ou non les gaz de schiste, par exemple). Je m'y intéresse de plus en plus, l'environnement est synonyme pour moi de vie. Sans elle, comment pourrait-on continuer de vivre ?

La lecture récente du livre Vert Paradoxe de David Owen m'a ouvert les yeux non pas sur les problèmes liés à l'environnement, mais bien les problèmes liés à l'être humain lui-même.

L'auteur ne nous noie pas de statistiques bidons, mais utilise plutôt la logique pour nous faire réaliser que nous ne sommes que des hommes et des femmes qui ne semblent pas vouloir réellement améliorer la situation environnementale. Parce que notre niveau de vie nous intéresse trop, parce que tout sacrifice est impossible, parce que la régression semble inutile, parce que notre âme de consommateur nous dicte tout.

Et je dois avouer que de mon point de vue, je ne suis guère l'exemple à suivre pour réduire son empreinte environnementale. Malgré le fait de me rapprocher du travail (distance è parcourir réduire de plus de 50%) et malgré la réduction de la taille de mon habitation, je n'ai pas su (et voulu) me départir de mes véhicules. Pourquoi? Problablement parce que c'est synonyme de liberté, d'épanouissement, d'opportunité et de possibilités.

Ne pas avoir d'automobile, ce que l'auteur considère comme une grande partie de la solution, je ne pourrai y arriver. Et je ne serai pas le seul. Peut-être que de passer de deux automobiles à une seule serait possible éventuellement, mais il reste que mon mode de vie (et celui de millions d'autres personnes) est basé sur l'existence de cette foutue bagnole.

Et parlons consommation : comment réduire celle-ci lorsque le monde actuel est construit autour de l'amélioration continue de notre qualité de vie, de la valorisation personnelle et du plaisir ? Sauf imposer l'achat de bien usagé, je ne réussi pas à éviter la consommation excessive, parce qu'elle fait partie intègre de notre mode de vie "nord-américain".

Prenons l'exemple récent où j'ai débuté une activité nautique nouvelle : le kayak. Pour m'y adonner, j'ai la possibilité de louer une embarcation pour 50$ à chaque fois où il m'apparaît bon de le faire ou de m'équiper personnellement d'un embarcation, de pagaies, de VFI et autres accessoires pour 1000$ ou 2000$ environ. Alors que la première solution semble économe, sur le long terme, il est mieux pour moi d'acheter mon équipement. Or, même en achetant usagé dans les annonces classés, le simple fait de réserver des ressources naturelles à mon unique usage plutôt que de voir ces mêmes ressources utilisables par des milliers de personnes rend mon empreinte environnementale multiplié par un coefficient élevé. Il est nettement préférable de partager la même embarcation et accessoires entre un bassin de 1000 citoyens que de collecter, transformer, produire et transporter des produits finis à 1000 exemplaires. Or, la vie américaine ne reflète pas ce partage de ressource, que ce soit un kayak ou un véhicule.

Chacun doit posséder ces biens, pour afficher sa réussite personnelle entre autre.

Et c'est sur ce point que je me dis que David Owen a entièrement raison : nous ne sommes pas prêt à changer nos habitudes de consommation. Plutôt que le partage, nous souhaitons changer de véhicule pour être plus "écologique" que l'ancien. Or, la planète ne peut pas supporter une demande infinie pour la simple raison que ses ressources ne sont pas infinies.