Difficile de faire mieux comme contraste : je quitte temporairement une vie dont j'essaie tant bien que mal d'y changer le rythme, de devenir un minimalisme à ma façon, de cultiver le temps et d'éviter de tomber dans les engrenages d'une société que j'aperçois malade. Je la quitte pour me transporter ailleurs, dans un ancien appartement de 2 pièces converti en chambre d'hôtel.

Pour le travail, je passe donc une semaine dans ce lieu. Un lieu plutôt minimaliste, au coeur d'un centre-ville, qui m'interpelle d'une drôle de façon. Bien que typique, ça me transporte dans un univers d'ultra minimalisme, comme si j'en éprouvais le besoin de vivre avec moins. Vraiment moins.

Un appartement de 65 mètres carrés constitué d'une cuisine bien équipée, un aire salon/salle à manger, une chambre, une salle de bain très respectable et même... d'un balcon!

S'y retrouver me fait réaliser comment on est souvent porté à en demander davantage : plus d'espace nécessaire pour plus d'objets, plus d'objets parce qu'on a plus d'espace disponible. Il n'est pas seulement question du matériel que l'on accumule, mais également du temps que l'on passe au travail afin de payer l'infrastructure requise pour héberger tous ces objets. Imaginez-vous quelles différences de coûts annuels cela représente entre une maison de 2000 pieds carrés en banlieue par rapport à un appartement de 700 pieds dans une tour de 20 étages. Juste pour le coût d'achat initial, cela représente des dizaines de milliers de dollars. Et il faut considérer en même temps les coûts d'emprunt pour cette somme supplémentaire.

Additionnez à cela les coûts d'utilisation, c'est à dire les réparations requises à la toiture, le terrassement extérieur, les frais d'électricité supplémentaires pour l'éclairage et le chauffage. Même si ce dit appartement demandait des frais de copropriété de l'ordre de 200$/mois, je doute que cela n'atteigne les intérêts payés en plus sur la valeur de la maison unifamiliale.

Ainsi, j'ai donc l'impression que je travaille pour payer ce qui m'entoure alors que je n'ai pas réellement besoin de tout ça, même si j'ai réduit considérablement ce qui m'entoure. Il reste que je possède des véhicules, beaucoup d'équipements de sports/camping, une multitude de choses que l'on accumule au cas où et pour entretenir ce que l'on a. Par exemple, une dizaine de produits d'entretien d'un bain à remous prennent place sur les tablettes de rangements du garage, à côté d'huile à moteur, produits nettoyants pour véhicule, rallonges électriques, filtes à air de fournaise, produits de jardinage, etc. À la longue, on se demande si c'est vraiment nécessaire tout ça.

D'ici, de la fenêtre de l'appartement, je vois l'Université, des trottoirs jonchés de piétons, des tours à bureaux, etc. Chaque pièce de la suite semble épurée, me donnant l'impression de vivre en évitant le superflu. Je réaliser que vivre n'est pas seulement travailler et payer pour ce qui nous entoure.