C'est moi où le monde actuel pousse chacun de nous à s'afficher, créer une image de nous pour prouver que nous sommes "normaux" ?

Facebook n'est qu'un aspect de cette culture de l'apparence à la normalité de chacun.

Des exemples autres ? Quand vous revenez de voyage (parce que vous devez revenir de voyage), parce que des photos sont socialement obligatoires, elles doivent être magnifiques, vous faire refléter comme heureux, comme si vous viviez un rêve. Parce que ces photos se retrouveront partout et vous définiront en tant qu'individu.

L'extérieur de votre maison doit se respecter, laisser présager une apparence de contrôle de soi et de sa vie. Mais l'intérieur, ça, très peu le voit. Ceux qui peuvent vous connaissent bien et n'auront pas de jugement parce que généralement, s'ils y mettent les pieds à répétition, vous vous appréciez mutuellement et souhaitez éviter des conflits sur des opinions opposées.

Tant que vous projetez une belle image générale à la société (que ce soit par votre page Facebook ou par votre train de vie), vous paraissez normal.

Mais qu'en est-il si je ne me considère pas normal et tendancieux ?

Moi, je ne suis pas excessivement social, préférant l'individualisme aux rencontres de groupe et d'amis. La raison m'est encore inconnue, mais le fait de ne pas me sentir pleinement écouté et écoutant m'irrite. Je préfère une discussion d'un à un qui va dans une direction logique et qui est approfondie à ce qui semble être un chaos de fragments de discussions mals choisies et non ordonnées.

Moi, je ne me considère pas comme extraverti, ainsi je n'ai pas de page Facebook pour afficher mes photos de voyages, mes exploits, mes aspirations, mes goûts, mes appartenances. Je suis en mesure de contenir tout ça et de les faire refléter en personne quand je rencontre les gens. S'ils ne sont pas en mesure de voir ce qui est en moi (passer par-dessus l'extérieur), alors ils sont probablement tombé dans le délire sociétal de l'apparence avant tout dont il est question depuis le début. Les gens que je rencontre quotidiennement me paraissent plus souvent qu'autrement désintéressé par une relation amicale parce que je ne suis pas extraverti, je n'affiche pas une normalité extérieure. Pas dans le sens de l'apparence, mais dans le sens des mots que je dis. Parfois, je me sens trop mûr intérieurement pour développer une relation d'amitié avec des gens du même âge parce qu'ils ne sont pas au même point que moi.

C'est difficile de réaliser que tu n'es pas normal.

Tu te poses des questions inconscientes sur qui tu es parce que tu te rends compte que les amitiés qui t'entourent ne perdurent pas. Pourtant, tu ne fais rien de pas normal à tes yeux. Mais ce qui est anormal pour toi est en fait normal pour la société.

Être différent, c'est normal. Être anormal, ce n'est pas une maladie. C'est accepter que nous ne voulions pas suivre le même chemin que la majorité. Et tu n'es pas seul dans ces chemins alternatifs. Un jour, on y rencontre des gens "pas normaux" et le bonheur nous envahit parce que l'on va au-delà de l'apparence première.