mindwi.se: bungalow

Publié le: 2019-01-02

Tel que lu sur une affiche lors de la manifestation pour le climat à Montréal en novembre, l'humain ne cours pas à sa perte, il y va en auto. Malheureusement, je crois que sortir le conducteur de sa voiture est une utopie. L'être humain est né pour reconnaître le confort et en demander sans cesse davantage. À ce propos, le bungalow renvoi au même principe que la voiture. Le confort ne peut pas être retiré et il est impossible pour un être humain normal d'imaginer de se départir d'une maison unifamilliale.

Lorsqu'on parle de solutions pour réduire notre dépendance à la voiture et à l'utilisation d'énergie non-renouvelable, la densité apporte souvent bien des réponses. Or, en Amérique du Nord, une grande portion de la population s'y oppose. En fait, la culture de réussite tourne entièrement autour de l'achat et la possession d'une maison détachée en banlieu d'un grand centre et de s'y rendre en voiture matin et soir. Exit donc la densification à l'aide d'un modèle d'habitation qui permet de se passer de la voiture individuelle.

J'ai évidemment passé à travers cet archetype à deux reprises, mais j'ai compris avec le temps que cela n'était pas soutenable. Mon rêve n'est pas d'avoir un bungalow en banlieu. Je ne souhaite pas cela à personne, même si aux yeux de la population, c'est le mode de vie parfait pour avoir son espace gazonné, pour vivre dans un nouveau quartier loin des crimes, pour respirer l'air frais de la campagne. Ce mode de vie d'étalement urbain favorise la destruction sociale, environnementale et économique.

Destruction sociale

Vivre isolé chacun de notre côté sur un terrain bien défini n'est pas une solution sensé pour le court terme, ni pour le long terme. Comme si on avait conçu un style de vie où l'on concède que chacun de nous déteste être en présence des autres, que l'on n'aime pas se faire dicter quoi faire et que le bruit environnant n'est pas accepté.

Les déplacements, eux, se font au détriment d'une vie de quartier. Un boulevard urbain est un exemple parfait, là où les voitures qui transitent créent une rupture du tissu social du quartier par une pollution sonore, visuelle, olfactive et demande à ses habitants de marcher davantage afin de combler les grands espaces délaissés à la voiture qui ne s'arrête pas, mais ne fait que passer.

Destruction environnementale

L'utilisation d'une automobile demande d'abord sa construction très énergivore en ressources naturelles et en ressources énergétiques. Ensuite vient le pavage de vastes étendus pour les faire rouler. Sachant que l'industrie du ciment est probablement la plus énergivore au pays (ref) malgré des efforts technologiques pour en abaisser le niveau, il est impératif de considérer la voiture dans son ensemble : construction, entretien, utilisation, alimentation en carburant, etc.

Ce qui m'étonne le plus également, ce sont les apôtres de l'efficacité énergétique qui prônent que la technologie va permettre de développer des voitures consommant très peu de carburants ou utilisant des piles au lithium. Le paradoxe de Jevons «énonce qu'à mesure que les améliorations technologiques augmentent l'efficacité avec laquelle une ressource est employée, la consommation totale de cette ressource peut augmenter au lieu de diminuer.» (ref) Développer une voiture à "faible consommation énergétique" qui permetterait à chacun de nous d'en posséder une ne rendrait pas nécessairement notre monde plus efficace énergétiquement. La voiture la plus écoénergétique est celle qui n'est pas construite et/ou celle qui n'est pas utilisée.

Destruction économique

Les coûts défrayés par le conducteur automobile ne sont aucunement représentatifs de ce qu'il en coûte à la société pour supporter son utilisation. L'externalité des coûts est un concept bien réel et malheureusement grandement sur-représenté dans le cas des transports routiers. D'abord, l'industrie pétrolière est subventionné à la hauteur de 500 milliards de dollars américains annuellement à travers le monde (ref). Ensuite, les coûts de soins de santé requis par la pollution atmosphérique sont défrayés par l'ensemble de la société et d'autres coûts comme la dépollution d'un site contaminé par les hydro-carburants sont rarement payés par les responsables, mais plutôt par les États.

Des solutions

Les villes sont souvent vues comme l'antichrist des conducteurs à cause des congestions automobiles. Or, vivre autrement signifie réduire son rythme de vie, accepter de ne pas vivre comme un roi au détriment des autres.

Quelques idées applicables, parfois souples, parfois radicales :