mindwi.se: conserver

Publié le: 2018-12-06

On parle souvent de gestes anodins pour préserver l'énergie : éteindre la lumière en sortant d'une pièce, combiner ses transports, réduire sa consommation de viande, etc. En fait, ce dont il est question, c'est la conservation plutôt que la consommation.

Dans le livre La simplicité volontaire, plus que jamais de Serge Mongeau, cela fait l'objet d'un chapitre nommé "Se fondre dans l'environnement".

Conserver est l’antithèse de consommer ; dans cet esprit, tous les efforts tendent à ne pas consommer et donc à ne pas détruire ou à retarder cette destruction le plus possible. Mais la vie étant ce qu’elle est, on ne peut éviter totalement la consommation. L’objectif est alors d’empêcher que sa façon de consommer ait des conséquences négatives, ce qui est possible.

MONGEAU, Serge (1998). La simplicité volontaire, plus que jamais. Montréal : Écosociété, chap. XI.

Quand on y pense, chacun de nous sort du milieu éducationnel en recherchant un emploi payant. Afin de se "donner les moyens", on se procure un véhicule afin d'être davantage mobile et augmenter nos possibilités d'emplois dans un rayon d'action plus grand. Et on obtient un emploi plus payant. On renouvelle notre voiture, déménage dans une maison plus grande, achète des biens luxueux. Et pour continuer à progresser, on change d'emploi pour une rémunération plus élevée afin de satisfaire notre niveau de vie qui augmente.

C'est une roue sans fin qui est nocive pour l'environnement et pour chacun de nous. La poursuite de la "réussite" induit une consommation de ressources et d'énergie de plus en plus élevée, malgré les progrès technologiques. Nous sommes si prédateur d'une meilleure vie (individuelle) que nous consommons ce qui nous entoure à un rythme effréné et détruisons nos possibilités de conservation.

Le plus étonnant, c'est que le livre de Mongeau a été publié... il y a 20 ans. Peu, sinon aucun, progrès ne me semble avoir eu lieu. Et c'est le plus dérangeant dans l'histoire moderne, notre propension à rarement délaisser un confort individuel au nom du bien-être commun.